mardi 21 octobre 2014

Séries - Brooklyn Nine-Nine, ou "New-York : Unité Puérile"



Dans les séries comiques qui ont démarré lors de la saison 2013-2014, on a pu remarquer l’arrivée de la sitcom Brooklyn Nine-Nine. Si les showrunners et les auteurs ne disent rien à personne sur le vieux continent, certains de leurs acteurs comme Andy Sandberg, Terry Crews (Saga Expendables) et Andre Braugher ont déjà fait leurs preuves à la télévision et / ou au cinéma par le passé. Une mention spéciale pour The Lonely Island, le fameux trio comique et musical dont Mr Sandberg fait partie, auteur de la meilleure chanson sur l’éjaculation précoce de notre histoire. 

Enfin bref, revenons à nos flicards. Parce que Brooklyn Nine-Nine, qui a beau être franchement débile - entendre très sympa - parle quand même de flics. Que font-ils ? Ils tentent de résoudre des enquêtes. Bien sur. Et la série narre multitudes de petites affaires.  Mais chacune d’entre elles n’est qu’un tremplin pour les stupidités du personnage principal Jake Peralta (Andy Sandberg) un inspecteur ingénieux et particulièrement puéril. Malgré l’arrivée d’un nouveau capitaine strict visiblement imperméable joué par Andre Braugher, Jake et ses acolytes agissent toujours au bord de la boulette mais en plein dans l’absurdité. 


La petite nouvelle de la FOX n’innove pas particulièrement. Cependant la comédie fonctionne car la mécanique du Nine-Nine est bien huilée. Malgré les stéréotypes d’une majorité de personnages (certains peuvent parfois peiner à être efficaces) il ressort toujours une certaine authenticité qui donnera envie de suivre le reste du show. Pour commencer, Brooklyn Nine-Nine fonctionne car l’équipe d’acteurs fonctionne, chacun trouve son rôle à jouer car il réside toujours un espace pour lui. On ne peut éviter une légère mise en avant de Andy Sandberg, mais elle ne se fait jamais au détriment des autres personnages. Mention spéciale au passage pour Joe Lo Truglio et à son postérieur héroïque. 
Ainsi la série est très équilibrée. Les affaires ne sont jamais prenantes et comprennent toujours une part de débilité dans le fond ou la forme. Le fond parce que l’affaire en soit contient quelque chose d’absurde, et la forme parce que la résolution est ponctuée de bêtises. Le tout dans un aspect de fratrie et d’esprit d’équipe « à la cool ». 
On peut le dire : Brooklyn Nine-Nine est une série pleine de détente sans prétention.


Et malheureusement, en cela elle trouve aussi ses défauts. La série n’a pas la richesse de Community, de Scrubs ou encore de Seinfield. Qu’il s’agisse des acteurs, du scénario et de son appréciation. Le Nine-Nine semble appliquer sa méthode avec simplicité sans vouloir en faire plus. Le potentiel est pourtant là et se touche régulièrement du bout des doigts. Brooklyn Nine-Nine pourrait être plus fou, plus extrême, plus drôle. Plus tout. Loin d’être vide et neutre, le show comique de la FOX a néanmoins tendance à montrer des limites… Une étincelle ? Une prise de risque ? On reste dans l’ignorance de l’élément clé qui fera élever la série, toutefois convaincu qu’il manque encore quelque chose.  


Pour une première saison, la série joue le jeu : elle expose fidèlement ses atouts, ses personnages, son univers et son style. De cette façon l’un des chouchous de l’année 2013 peut fonctionner et séduire pour quelques saisons (son succès surprenant aux Emmy Awards en témoigne). Mais Brooklyn Nine-Nine a de quoi proposer un contenu plus mature, une forme plus évoluée. 
La porte est ainsi ouverte pour le Nine-Nine. Stagner dans la coolitude ? Mûrir et repousser ses limites conventionnelles ? La deuxième saison qui vient de commencer semble indiquer que la recette ne sera pas changée. Cela s’annonce donc cool, mais sans plus.