mercredi 7 août 2013

Critique - Pacific Rim : Le McSushi sauce Del Toro, une recette unique.

               
             
                Pacific Rim, le dernier bébé transgénique de Guillermo Del Toro, était attendu. Très attendu. Comme tous ses films en fait. A chaque fois, il nous manque. Il prend son temps, produit tour à tour navets et oeuvres sympathiques. Mais cette année le réalisateur mexicain revient aux commandes. Les vraies. Cette année, Del Toro se transforme en chef cuisto en préparant une recette unique et populaire de qualité. Une bonne dose de scènes spectaculaires à la qualité graphique remarquable.
Un combat mythique entre des robots et monstres géants, prenant la ville et l’océan comme terrains de jeux. Une fusion iconique de 2 pays par le biais de leur différents blockbusters.
W O W, quoi. Juste W O W. Et encore W O W. 
Nous n’en finissons plus. C’est interminable. Mais c’est complètement W O W, que voulez-vous. 


Il est aisé de supposer que le créateur du Labyrinthe de Pan a du jouer gros. En effet, proposer un pied de nez à Transformers et un retour aux films de monstres à travers un affrontement mythique de 2h30 au budget mirobolant, c’est un challenge. Un vrai. Mais Del Toro aime les défis, et a mené celui-ci avec talent et expérience. Il profite d’un blockbuster très moderne pour fusionner le charme et l’efficacité d’un récit héroïque à l’américaine avec l'impressionnante pureté qui règne souvent dans les animés japonais. Qui plus est, Del Toro insère un héroisme américain dans un film marqué par un traumatisme japonais. Il se sert de l'origine du film de monstre, pour le confronter à l'origine du blockbuster américain. 
Pacific Rim est un film qui ne perd pas de temps et se passe incroyablement vite. Quand le réalisateur mexicain avoue en interview qu’il aurait aimé réduire davantage la durée du film, on en rit tant cela parait inconcevable. De fait, le film assure sa part du gâteau dans un rythme soutenu et une structure solide et classique qui conforte le spectateur comme il se doit. 


Il serait inutile de critiquer la performance des acteurs tant celle-ci s’accorde avec la pauvreté désirée de leur rôle. Chacun reflète une fonction, une icône stéréotypée qui avait manqué aux blockbusters de ces dernières années. Ils font tous part de beaucoup d’humanité, de naïveté, de très peu de prétention, ne prenant jamais part une quelconque romance exacerbée. On y retrouve donc les trois célèbres règles qui définissent la plupart des héros des manga japonais : «No sex, no money, no drugs».  Ceci, plus une histoire prévisible au millimètre, rappelle qu’il s’agit bel et bien d’un pure film de consommation visuelle. Les combats sont stupéfiants, dantesque, titanesques et merveilleusement colorés. Chacun faisant référence à des classiques du genre (films de kaiju comme Godzilla). L’explosion tend parfois vers quelque chose de plastique, ce qui  n’est pas pour déplaire à un spectateur habitué aux blockbuster sans jets de couleurs.
On regrettera que Del Toro n’exploite pas davantage le monde qu’il met en oeuvre, car le spectateur y effleure un potentiel qui aurait donné davantage de personnalité à son film. 


Quentin Tarantino ne cesserait jamais de nous répéter qu’il ne s’agit pas de cinéma, comme il l’avait dit pour Matrix. Mais le cinéma n’existe pas que de cette façon, comme la littérature ne se résout pas à la richesse textuelle, syntaxique et grammaticale de Belle du Seigneur d’Albert Cohen. Comme le cinéma, la littérature est également un portail vers quelque chose d’autre. L’ouverture d’un autre monde. Certes, Pacific Rim n’est pas une oeuvre intéressante dans ce que propose son contenu formellement cinématographique. En effet, la magie de ce genre de film opère juste sur la mise en image d’un trip ou d’un pseudo fantasme irréaliste. Mais avec goût. Ce sont des films pour ceux qui jubilent à l’idée de voir leur rêve d’enfant à l’écran en criant «WOW».
Del Toro l’a fait. Son mélange est stupéfiant, éclatant et profondément irréaliste.
Et oui. Le McSushi ? C'est bon. Alors "mangeans-on".


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