mercredi 23 janvier 2013

Critique - The Master : Du Père au Fils, du Fils au Père.




                  Depuis Boogie Nights, son premier film à la sortie internationale, le nom de Paul Thomas Anderson (dit PTA) est important. Très important. Chacunes de ses oeuvres fut promue au rang d’excellence - par les chanceux et miraculés qui ont la chance de se pavaner dans les festivals importants du 7eme Art - avant que le monde puisse juger par soi-même. Et par quatre fois, ils ne s’y sont pas trompés. La dernière en date étant donc la première grande sortie en salle de 2013 : The Master avec en tête d’affiche l’habitué Philip Seymour Hoffman, Amy Adams et surtout le retour à l’écran du fidèle de James Gray : Joaquin Phoenix.



Il faut dire que celui-ci se la joue vraiment Phoenix pour le coup¹. En jouant l’un des ex-soldats les plus bourrus et pertubés de l’après WWII, enrôlé par un gros blond moustachu dans un mouvement spirituel naissant du nom de «La Cause» (bizarrement proche de la Scientologie de L. Ron Hubbard), l’acteur touche. Il nous humilie dans notre capacité à compatir, à essayer de comprendre et de partager le sentiment des autres tant il est un artiste, un maître en la matière. 
Faisant au début parti du corps des Marines, le personnage qu’interprète Joaquin se rapproche d’une version déclinée et réaliste de Popeye. Freddie Quell est un marin bagarreur au visage abimé qui s’insurge son mélange alcoolisé comme une potion de force et de courage pour s’en aller affronter celui qui s’oppose à lui, ici le monde extérieur. Il nous apparaît ici comme un homme malade à la silhouette anorexique et à la démarche décadente. Cette paralysie surement volontaire de la partie droite de sa machoire lui laisse un éternel rictus au bord de la bouche, matéralisation d’une grande ironie qui recouvre l’ensemble du film et du personnage. Car au final, le moins intelligent et le moins adapté est celui qui s’en sort le mieux dans la société de bovins grandissante de l’époque que le film de PTA nous présente.



The Master, c’est surtout l’histoire d’une relation quasi filiale entre le grand gouru manipulateur d’un mouvement spirituel à la sincérité très ambigüe et son disciple préféré dont la fidélité n’a d’égale que sa perdition. Une relation dont les statuts changeront pour mettre en lumière un thème évident de philosophie : le rejet de la liberté. L’homme aime plus que toute autre chose obéir à un maitre et s’en remettre à lui, quitte à le dépasser indirectement et à se servir de cette période de sa vie pour foncer dans la direction opposée. De fait les nombreux éléments du film aux relans psychanalytiques enrichissent le champ des interprétations possibles, et à raison. Le personnage de Philip Seymour Hoffman joue le rôle d’un nouveau père répondant aux trois fonctions du père que Lacan nous a légué : il pose les contraintes et la loi, il devient un modèle à suivre, et il se présente tel un père réel existant. En soit, il joue celui sur qui on peut léguer l’ensemble de nos responsabilités, ce qui est indubitablement terriblement séduisant.



Ce rapport à la séduction est d’ailleurs quelque chose qui transparait malgré l’ambiance claustrophobique qui règne autour du héros. Le film possède un grain d’image particulier, aux couleurs chaudes et explosives auxquelles l'ambiance musicale de Jonny Greenwood s'adapte à merveille.
L’opposition entre la grisaille qui s’impose dans son Massachussets natal et l’explositivé plastique de ses scènes d’apprentissage rend les passages où Freddie se fait valet de la guerre ou de La Cause et de son maître bien plus attractifs et éclaboussants de propreté. Le héros vagabonde et suit le guide là où les couleurs abondent. Dans la diégèse, La Cause propose aux hommes un monde de friandises où tout se prend, se crée, se traverse. A l’image, La Cause représente une véritable palette de couleurs : le monde y est plus beau. A travers de nombreuses perspectives de profondeurs, de prises à distance avec son héros, PTA isole au départ son personnage principal pour le voir au fur et à mesure s’élever et s’intégrer aux autres sans collision, maintenir une place qui lui est sienne en face du maître. 



The Master est probablement le film de PTA le plus subtil et à la fois le plus tape à l’oeil. Il fait logiquement suite aux précédents films du réalisateurs, intégrant de nouveau un rapport au père et à la solitude du héros.
Là où le héros de There Will Be Blood créait une famille en tant que père pour réussir dans son entreprise personnelle au début du film, The Master met pour la première fois son héros en nouvelle position de père et de dominant à la toute fin de son film, lui conférant une conclusion positive qui rappelle celle de Punch-Drunk Love. Sauf qu’ici réside l’ambiguité de savoir qui est le véritable maître / père au final. Les deux protagonistes principaux s’étant servis l’un de l’autre pour apprendre, grandir et occuper la position de leader dans leur vie.
A la fin du film, le «Maitre» dit à son ancien disciple de l’appeler si jamais il s’avère qu’il peut vivre sans maître autre que lui-même. La conclusion laisse à penser qu’il pourrait bien le faire.



lundi 7 janvier 2013

Critique - J'ai rencontré le diable, et le génie aussi.


           
        
Depuis quelques mois je voue un certain engouement à la nouvelle vague de cinéma sud-coréen: Kim Jee-Woon, Boon Joon-Ho, Park Chan-Wook, Na Hong-Jin etc. Des cinéastes talentueux au style propre à chacun. Mais de tout cet ensemble il en ressort une homogénéité puissante et irresistible tiraillée entre les influences d’un cinéma occidental, les rouages d’une société marquée par une soumission de longue durée à un pays extérieur ainsi qu’une poésie bien trop rare dans nos salles aujourd’hui. 
Le dernier film «Made in South Korea» de Kim Jee-Woon rend grâce à cette mouvance et confirme une énième fois la maîtrise d’un des piliers du cinéma asiatique actuelle.
Cette fois ci Maitre Kim nous propose un film sur la vengeance.  



Les films sur la vengeance suscitent régulièrement une forme de «ras-le-bol» général de part leur prévisibilité affolante et leur côté téléfilm raté sortant d’Europa Corp.
J’ai Rencontré le Diable  propose un schéma différent, intelligent sans avoir peur d’aller jusqu’au bout. Là ou les films de vengeance se terminent habituellement, le film de Kim Jee-Woon commence véritablement pour établir une véritable chasse à la souffrance d’un homme. 
Le réalisateur s’interesse ici de la même façon au héros et la cible de sa nemesis. L’issue s’annonçant très vite comme inévitable, il choisit de traiter le processus : un jeu malsain et violent entre un tueur pervers et un héros déterminé mais bel et bien perdu pour toujours.
Cette dualité évolue très vite en quelque chose de plus large : l’ascension du personnage principal dans un milieu d’accomplissement du fantasme où les règles et les contraintes sont tout autant perdues que les individus qui y accèdent. Le bien et le mal ne se cotoient jamais, laissant place à un nihilisme moral choquant mais essentiel à l’effet trauma du film. 


De ce fait, J’ai rencontré le diable n’est pas un titre au sens unique et à l’écho inexistant. Bien au contraire, il se multiplie partout, se réflète dans les yeux de chacuns des personnages principaux. Choi Min-Sik et Lee Byung-Hun interprétant tour à tour le rôle d’un démon pathétique et terriblement humain, une surenchère de deux clichés en pleine opposition dans un duel sanglant mais toutefois subtile.
Le regard noir et parfois amusé du réalisateur sur les évènements dont le film nous fait part nous donne une dimension moins manichéenne, plus humaine et réaliste. 
Sans jamais en arriver à quelque chose d’horriblement flagrant, le réalisateur distille des scènes guignolesques et décalées avec l’un, entrecoupées de séquences intensément tragiques et désespérées avec l’autre.
C’est une diversité émotionnelle qu’on retrouve également chez Boon Joon-Ho dans Memories of Murder ou The Host


Conduit par deux performances incroyablement justes et complémentaires, l’oeuvre du réalisateur d’A Bittersweet Life  est une perle noire et abîmée à la brillance éternelle. 
Elle fascine, intrigue et impose un trauma à son spectateur, qui s'en souviendra tres longtemps.
Si on considère qu’Old Boy de Park Chan-Wook avait déjà creusé une tombe pour la vengeance au cinéma, nous pouvons dire sans mal que J’ai rencontré le diable de Kim Jee-Woon l’a enterré bien proprement. 

vendredi 4 janvier 2013

Critique Spéciale - Prometheus : Nouveau vin de garde de la Science-Fiction au cinéma.



Alien : Princess Sci-fi

En 1979, Ridley Scott montra au monde toute la grandeur de son savoir faire. A travers Alien, une oeuvre colossale et tout simplement culte, le réalisateur avait pris le parti de donner à la Science-fiction un nouveau langage. En puisant dans une sorte d'inspiration Lovecraftienne, son film proposait un film d'épouvante - et non un film d'horreur pur - aux teintes psychologiques et amplement perverses. 
L'intrigue et le mystère que suscitaient cette créature et sa naissance ont largement contribué à ce que le monstre hante les couloirs du Nostromo, vaisseaux des protagonistes, ainsi que notre esprit, régulièrement sensible à ce qu'il est incapable de comprendre. Le film est également pourvu de nombreuses qualités esthétiques et visuelles ainsi que de performances d'acteurs de haut rang (Sigourney Weaver, John Hurt, Harry Dean Stanton et Ian Holm sont loin d'être des inconnus du cinéma américain aujourd'hui).


Prometheus et la promotion : gloire aux préjugés

D'où les nombreuses craintes et questions qui ont accompagné la sortie de Prometheus, dernier film de "Rid". Après un Robin des bois qui avait laissé de nombreux spectateurs sur leur faim, Ridley avait en effet décidé de miser encore plus gros et de signer une "semi préquelle" à son chef d'oeuvre Alien. Le film a alors bénéficié d'une promotion aussi grande que fut la réussite du film qui avait marqué la fin des 70's. 
Mais il y a un pépin : la promotion - par définition - laisse tellement peu à voir et tellement souvent qu'elle suscite chez celui qui la subit quelque chose de frustrant, le laissant se faire des idées toutes faites avec 2 petites minutes de film.
Et c'est à travers ce problème que je propose de remettre Prometheus à la place qu'il mérite, en dépit de tous ceux qui s'attendaient à voir l'Ancien Testament en 3D, le 30 mai 2012.


Une semi préquelle, mais surtout le début d'un grand tout.

Tout d'abord, pourquoi est-ce une semi préquelle ? Et bien parce que Ridley n'a jamais voulu faire une préquelle total. Ce film n'en est pas une. C'est une oeuvre à part entière qui se situe dans le même monde qu'Alien, et dont la fin relie les deux films. 
Beaucoup de gens se demandent alors : Mais pourquoi ? La réponse n'existe pas vraiment. C'est avant tout un choix de Rid, et en tant que papa il a le droit d'exercer son autorité comme il lui semble. Il serait donc dommage d'arriver devant le film avec des préjugés intolérables qui restreindront le champ des acceptables propres à chaque spectateur. Cela reste avant tout une oeuvre décrite comme une histoire indépendante, dont les conséquences et les dommages collatéraux amènent entre autres à la naissance de "l'Alien". Celui-ci n'est qu'une particule, un microbe, dans l'univers que Ridley Scott établit avec Prometheus. Un univers qu'il compte d'ailleurs approfondir et exploiter davantage à travers la ou les suites du film. Ridley l'a dit, Prometheus est fait pour avoir une suite. De plus, sa fin ouverte en témoigne. Ce film n'est que le début de l'odyssée spatiale que Ridley a pour ambition de créer.


"A fond la forme !"

Visuellement, c'est un film auquel l'ensemble des spectateurs et de la presse a adhéré. Et il est vrai que le décor et l'ambiance mis en place par Ridley Scott se démarquent de par leurs nuances de noir / gris / bleu, ainsi que par sa capacité à créer un monde fascinant et différent du notre à partir de ce qui existe déjà sur Terre (le film a en grande partie été tourné en Islande). D'où la sensation de photoréalisme qui ressort des paysages tout au long du film. 
L'image d'Alien nous plongeait dans les contrastes, les ombres et les ténèbres de la peur. Ici, l'image de Prometheus nous présente juste un univers froid, mystérieux, qui nous envahit et nous surplombe. Alien dérangeait notre intimité, Prometheus quant à lui remet le genre de la science-fiction, sa grandeur, son infini mystère et sa question théologique au devant de la scène.


Un scénario puissant et complexe, auquel le temps rendra grâce. 

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle le scénario écrit par Damon Lindelof (Lost) et John Spaihts a déplu foule de spectateurs. 
Les critiques négatives furent à peu près "aussi nombreuses que le nombre de baguettes vendues dans une seule et unique boulangerie sur toute une année - à trois miches près, bien entendu".  
Il y a ceux qui considèrent qu'il s'agit d'un bide intégral car ils espéraient connaître toutes les réponses à leur question, et qui s'en tirent avec de nouvelles questions encore plus alambiquées. Mais n'est-ce pas le propre de la science-fiction de ne pouvoir tout nous expliquer ? 
De même, étant un film mêlant peur, suspens... le trauma ne vient-il pas de l'inexplicable, de ce qu'on ne peut rattacher à un signifiant ? 

Des films comme 2001 : Odysée de l'Espace de Kubrick - adapté de l'oeuvre écrite de Arthur C. Clarke, ou Blade Runner de "Rid"- adapté de "Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?" sont devenus cultes de par leur capacité à ne dévoiler que trop peu de la vérité. Par exemple, le film de Kubrick / le livre de Clarke mettait en avant cet objectif d'expliquer le sens de la vie par l'inexplicable. Il ne devait pas y avoir de compréhension, juste une interprétation de symboles et d'éléments juxtaposés les uns aux autres avec intelligence. Ce sont des films auxquels le temps a rendu justice, en particulier pour Blade Runner et son Director's cut bien trop tardif. Et il est fort probable qu'il en soit de même pour Prometheus.



Un véritable vin de garde.

Les clichés portent souvent à faux, et pourtant on ne les oublie pas. L'ignorant en vin s'imagine par exemple qu'un vieux vin, ou un vin cher et récompensé représentent les meilleurs choix dans l'accompagnement gastronomique. Mais un vin n'a pas besoin d'être vieux pour être bon, ni d'être récompensé, et encore moins d'être cher sauf pour l'individu qui n'est pas pres à se lester de principes arrêtés et sommaires.
Prometheus est comme un vin récent aux qualités et au nom trop peu reconnus : une oeuvre que l'on rejette de par les tristes préjugés qui habitent l'individu lambda.
Il n'est pas immédiat, il se savoure progressivement l'esprit grand ouvert. Il fait parti de ces films que le temps chérit et garde au chaud la durée qu'il faut pour qu'on l'accepte davantage.
Quand le public aura élargi son champ des possibles, il trouvera le film de Ridley Scott meilleur. Vraiment meilleur.

Enfin, si je ne me trompe pas.



Critique - Dawn of the Dead, un dépucelage mortel



         Pour une fois, la traduction française se rend utile. Elle permet de confirmer les directions opposées choisies par Romero et Snyder au sein de deux films du même nom. En 1978, Romero sort "Dawn of the Dead", connu sous le nom de "Zombie" en France. En 2004, Snyder sort "Dawn of the Dead", connu sous le nom de "L'Armée des Morts" en France. Si l'un est l'oeuvre de confirmation d'une véritable création de genre, entrecoupée d'un discours dénonciateur et engagé ; l'autre est une oeuvre de commande où la réalisation moderne, l'efficacité rythmique, la tension - et parfois l'humour - sont mis à l'honneur. 
Snyder se démarque de Romero par sa "modernité", mais également des réalisateurs de son époque à travers une maitrise de l'action, de la narration et de l'image qui lui est propre. Le réalisateur propose une image aux couleurs chaudes et lourdes, qui semblent salir les différents lieux et visages qui ponctuent ce film. 
La commande rendue à l'époque par celui qui est aujourd'hui un pilier d'Hollywood met aussi en avant des protagonistes attachant sans toutefois tomber dans l'excès et le cliché des grosses productions du début des années 2000. On n'est jamais lassé par les personnages grâce à l'équilibre que Snyder a instauré entre chacun d'eux. 
Stéréotypés peut-être ils sont, mais jamais excessifs ils ne sont.


Les scènes de gore au départ obligatoires deviennent jubilatoires, et chaque moment de suspens et d'angoisse n'est jamais du au hasard : les zombies sont toujours présents, et contrairement au film de Romero : ils courent. Cette nouvelle aptitude vue pour la première fois dans "28 Jours Plus Tard" de Danny Boyle montrent bien que les rôdeurs traditionnels ont laissé au fur et à mesure place à des infectés sous adrénaline. Une évolution certe polémique mais qui n'en est pas moins cohérente et évidente.
Le réalisateur scénariste de "Sucker Punch" a compris qu'après un âge d'or horrifique qui aura perduré plus de vingt ans, tourner le remake d'un chef d'oeuvre du genre lui imposait de dévoiler les plus grands atouts de son jeu immédiatement.
Exercice qu'il a réussi haut la main aux yeux de la presse et des spectateurs. Et même si "L'Armée des morts" de Snyder ne constitue en rien un chef d'oeuvre, il n'en reste pas moins l'un des meilleurs remakes de films d'horreurs réalisés jusqu'ici. 
Si ce n'est le meilleur avec le célèbre "La Colline a des Yeux" d'Alexandre Aja, suivi de près par le "Massacre à la Tronçonneuse"  de Marcus Nispel (en attendant celui d'Evil Dead au printemps 2013).
Accessible, efficace, avec une belle signature visuelle, Snyder a rendu une très bonne copie pour son premier et sanglant devoir cinématographique. 

Critique - Dark Shadows, un gage de fidélité.



           Alors que la plupart d'entre nous rêvaient (et rêvent toujours) de retrouver un scénario signé "Tim Burton" dans son cinéma habituel, Dark Shadows confirme l'habilité du réalisateur dans l'adaptation cinématographique d'oeuvres qui ne sont pas de propre cru.
Si le travail de fond de sa version du chef-d'oeuvre de Lewis Caroll avait laissé un certain goût d'inachevé, Burton a ici le mérite de proposer un divertissement qui contient les nombreuses caractéristiques qui avaient donné à la série Dark Shadows ses lettres de noblesse. 
L'aspect visuel et l'esthétique au contraste prononcé entre le Manoir Collins et la ville côtière tient ses promesses, et on ne peut que saluer une fois de plus la maîtrise incontestable du grand Tim dans le domaine de l'image. Une maîtrise dont il fait preuve depuis ses débuts et qui ne lui a jamais fait défaut. 
La bande originale contribue quant à elle indubitablement aux ambiances contrastées du film, sans pour autant se démarquer de manière conséquente. Elle remplit néanmoins ses objectifs, confortant par  ailleurs l'osmose du duo Elfman / Burton.
Le casting est de qualité, sans fausse note mais tient essentiellement sur les épaules de Mr Depp, qui devient tout aussi important que son réalisateur dans les différents films qui les réunit. Eva Green est néanmoins à son aise, et sa maitrise de la langue donne à son personnage le piquant nécessaire pour offrir un "adversaire" de taille.
Le finale, empreint d'un délire mineur rappelant les vieux films du cinéaste, permet de conclure l'histoire de la bonne façon. De même que le dénouement cliché façon Twilight confirme l'ironie du film sur le mélodramatique, ainsi qu'un grand amour pour la série B. 

Si Burton ne signe pas son plus grand film avec cette adaptation il livre toutefois un divertissement aux grandes qualités visuelles, une déclaration d'amour à la série B. 
Dark Shadows est également un film de fidélité : de par son respect de la série originale, mais aussi de par ceux qui l'accompagnent.
On ne change pas une équipe qui gagne, et Mr Burton l'a bien compris.