lundi 11 novembre 2013

Critique - Blue Jasmine : Papy Woody retrouve son cinéma



Si il y a bien un vieux bonhomme qui force toujours notre attention, c’est bien Papy Woody. L’explication au phénomène est on ne peut plus évidente pour tous ceux qui connaissent un tant soi peu le monsieur. Un film quasiment tous les ans, une légèreté et un humour qui lui sont propres, des oeuvres clairement axées sur le discours et une attention toute particulière à la gente féminine. Le problème auquel nous faisons face ces dernières années avec Papy Woody c’est qu’il fait preuve d’une irrégularité consternante avec l’âge. Vicky Christina Barcelona  ne m’a vraiment rien laissé de positif mise à part un Barcelone magnifié - qui n’est qu’un tiers du film comme le titre semble l’indiquer, et Minuit à Paris m’avait enjoué autant qu’agacé - sans même évoquer Marion Cotillard. Mais To Rome With Love sorti l’année dernière en est le meilleur exemple et probablement l’un de ses plus mauvais films. Ça sentait la redite, celle qui lasse et désespère. Je fus d’ailleurs soulagé de constater que j’étais loin d’être le seul à le trouver littéralement nul. Inquiet et soucieux à raisons, il est normal de se demander si Papy Woody aurait perdu la main après tout ce temps... Mais 2013 nous prouve que non. 


Cette année, Blue Jasmine sortait sur nos écrans avec une aura de soulagement. Sans être un chef d’oeuvre où une oeuvre originale, le film renoue avec ce que Woody Allen sait faire de mieux. Les thèmes sont là, la manière aussi. Le long fait preuve d’une grande cohérence dans l’ambiguité et la subtilité. A l’opposé de ce qu’il a fait ces derniers temps, Woody a réintégré dans son cinéma le paradoxe qui l’a toujours caractérisé. La légèreté de son cinéma contient de nouveau un malaise certain ainsi qu’un humour particulièrement grinçant et le film ne cherche pas à prendre un parti radical. D’une certaine manière, le réalisateur a pitié de tout le monde et de personne. Ses propositions cinématographiques contiennent une grande part de réponses à la normande. 
L'héroïne de Blue Jasmine est-elle vraiment une victime ? Tel personnage est-il un looser pathétique ? Est-ce de l’ordre d’une tragédie moderne ou d’une bonne farce ? Cela dépend. Tout dépend de tout, tout le temps. Mais Woody ne perd pas son temps à nous expliquer quoi que ce soit. Il nous dirait probablement avec un grand sourire qu’il s’en fout et que l’on devrait s’en foutre autant que lui. 


Par ailleurs peu d’entre nous - petits et grands cinéphiles - sont sans savoir que Woody Allen travaille et mise beaucoup sur ses acteurs. 
Jonhatan Rhys-Meyers dans Match PointDiane Keaton dans Manhattan... Tant de grands rôles complexes incarnés avec talent depuis les débuts du réalisateur. La prestation de Cate Blanchett dans Blues Jasmine ne déroge pas à cette ligne de conduite et se révèle époustouflante, voire désespérante tant tout cela est crédible. A la fois touchante, cynique, délirante et particulièrement pitoyable, l’héroïne ne cesse de tomber dans des travers de plus en plus conséquents. L’actrice australienne ne s’est assurément pas trompée en acceptant le dédale que Woody Allen lui a proposé. 
Une simple observation nous fait comprendre que le film tient majoritairement sur les épaules de l’actrice et de son personnage alambiqué. Et c'est pourquoi laisser l’actrice hors de toute récompense académique majeure cette année serait assurément une erreur et la source d'une incompréhension totale.
Ce genre de choses se produit régulièrement mais il faut espérer que Cate Blanchett ne soit pas mise de côté pour des raisons de lobbying et autre billevesées.



Le long-métrage nous fait part tout du long d’un sentiment proche d’une joyeuse dépression. Ce qui règne ici en définitive semble réellement s’approcher de l’absurde. Le drame et le comique s’associent au sein d’un concentré qui nous apparait comme merveilleusement naturel. Son ancrage dans le réel est puissant, son impact bluffant. 
De fait nous sommes rassurés parce que Papy Woody a retrouvé son cinéma qu’il avait perdu quelques années auparavant. Et ça c’est bien. Mais qui sait ce qu’il va nous pondre l’année prochaine ? Papy Woody oubliera-t-il encore son cinéma ? Certains disent que c’est comme le vélo et que ça ne s’oublie pas. On verra dans un an si ils ont raison.



samedi 2 novembre 2013

Critique - The Pact : Une perle horrifique oubliée des salles obscures




Depuis quelques années, le genre du film d’horreur a quelque peu engrangé une lassitude chez les aficionados. La raison à ce phénomène fort regrettable se constate à la présence innombrable de bouses horrifiques sur grand écran, comme les Derniers Exorcismes aux suites irrationnelles et à l’interminable Saga Saw
Ces films ne sont certainement pas conçu par Amora, car on y trouve pas l’amour du goût dans une ambition formelle et remarquable. Qu’il s’agisse de leur scénario ou de leur réalisation, tous ces films entretiennent ce qu’étaient les «Yes Man» dans la réalisation des années 40 : c’est-à-dire une pure mécanique. Et pas la plus élaborée qui soit.
Toutefois que l’on soit des fanatiques en regret éternel des années 70 ou des jeunes candides avides de culture sanguine, le plus difficile est de concevoir que la plupart des films d’horreur à la singularité indéniable ne sortent pas en salles françaises.

The Pact, film du réalisateur américain Nicholas McCarthy, en fait malheureusement parti. Sorti en 2012 et injustement oublié par les salles francophones, il est l’un des films qui incite la presse spécialisée à parler d’un renouveau du genre horrifique dans le cinéma indépendant américain, tous comme ses compères Ti West (House of the Devil) et Adam Wingard (You’re Next). Le jeune réalisateur qui avait déjà impressionné à Sundance avec le court-métrage à l’origine du film, propose une oeuvre simple et efficace parsemée d’ingéniosité et de personnalité. On retiendra notamment l’un des jump scares les plus effrayants de ces dernières années ainsi qu’un travail plastique et ambitieux de l’apparition spectrale. The Pact est non seulement un film d’horreur, mais aussi une oeuvre dont la relation temporelle est fondamentale dans son esthétique et son action. 


Nicholas McCarthy se joue tout autant d’un public jeune en utilisant avec justesse les différents objets technologiques qui habitent - et hantent - notre quotidien (le smartphone, l’ordinateur ainsi que les techniques de localisation et GPS), que d’un public plus âgé dont l’un des privilèges fut d’assister à l’âge d’or du cinéma horrifique et gothique. Les incursions du passé se font dans des objets on ne peut plus moderne, sans jamais négliger son public. Il sait que celui-ci n’est pas dupe, ainsi il n’use jamais de facilité à son égard. Car tout en restant simple, McCarthy fait preuve d’intelligence et de finesse. Il fusionne une ambiance urbaine et pavillonnaire modeste avec un éclairage digne d’un grand château éclairé à la bougie. Il nous positionne de part et d’autre de ce petit pavillon pour le transformer à nos yeux en un grand manoir de l’ancien temps. 
«Du smartphone hanté dans un pavillon manoir ?» me direz-vous avec étonnement. Mais il n’y a point d’inquiétude à avoir : si la phrase semble saugrenue, le film lui ne l’est aucunement. Mieux que cela, il fonctionne totalement et ne s’arrête jamais à ce qu’il semble être de premier abord. 


The Pact ne tombe pas dans la constante des films d’horreur actuels et propose un final réellement éloigné de ce que la base scénaristique laissait supposer. En effet McCarthy a bien conscience des innombrables facilités qui accompagnent le récit fantastique / fantomatique dans le cinéma d’horreur et sa conclusion. Ni deus ex machina grossier, ni pseudo twist final sans saveur qui ne déçoit plus qu’il ne surprend. Le réalisateur américain évite tout cela avec talent au bénéfice d’un dernier tiers plus terre à terre mais non moins prenant et qui révèle beaucoup son actrice principale. Nous noterons un très bel hommage au cultissime Halloween de John Carpenter. Un moment de tension inoubliable et de suspens haletant comme il n’en a pas été vu au cinéma depuis longtemps et qui trouve royalement sa place dans une oeuvre de cette envergure. Il est difficile de ne pas être enthousiasmé face à tant de fraîcheur dans un genre qui perd de sa superbe aujourd’hui. Par ailleurs, McCarthy semble signaler au spectateur par quelques pointes d'humour et de second degré qu'il a conscience des codes et clichés qu'incombent un film d'horreur. Il ne prend décidément pas le spectateur pour un naïf, ce qui fait beaucoup de bien.


En fin de compte, ce qu’on a envie de dire à ce jeune Nicolas McCarthy ce sont des remerciements et de nombreux encouragements. Bien que le film soit imparfait sur de petites choses et qu’on puisse lui reprocher de ne pas faire assez peur lorsque cela est possible, des oeuvres de ce calibre se font bien trop rare. Beaucoup ont oublié que le cinéma d’horreur n’est pas une simple mécanique et quasiment tous ont oublié qu’un film d’horreur peut être beau et stylisé.
The Pact n’est pas un simple film pop corn, mais quelque chose qui se contemple et qui prête à être revue tant les intentions de son créateur dépassent celle du simple divertissement mécanique. 

Nicolas McCarthy s’annonce donc involontairement (avec Ti West et compères) comme le remède le plus efficace contre le Syndrome-monstrueusement-populaire-de-l’horreur-mécanique-fade. Tout ce qu’il nous reste à faire c’est de répandre la bonne nouvelle tels des témoins illuminés, en espérant qu’elle soit entendue de tous et que l'information tourne suffisamment pour revenir jusqu'à nous par un pur et heureux hasard. Un film comme ça ne peut être oublié. 


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NB : On notera également le plaisir coupable de retrouver Casper Van Dien, héros culte de Starship Troopers pour les connaisseurs. Puis l'héroine jouée par Caity Lotz finit par faire son effet en petite culotte. 



mardi 13 août 2013

Critique - Dans la Maison : Enfin, sur le palier.

  

           Tout d’abord, j’aimerais écrire un petit message à caractère informatif. Aujourd’hui, est une victoire du critique sur le critique. 
Aujourd’hui, est un jour à marquer d’une pierre blanche pour ce blog. Il s’agit en effet de la première critique de Atoms for Films qui soit sur un flim français, mais qui en plus de ça soit plutôt négative.
Yeepee. Yahoo. Génial. Ça rend notre ami Sylvestre heureux.

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Et l’honneur d’introniser le drapeau tricolore revient à Dans la Maison de François Ozon
Plus besoin de présenter le réalisateur. Avec des films comme 8 Femmes, Swimming Pool, ou encore Jeune et Jolie qui sort incessamment sous peu, nous savons que le père François est un réalisateur grandement inspiré par l’âge d’or du cinéma hollywoodien, en proie à diriger sa caméra sur le sexe féminin et ce qu’il exalte chez le spectateur. Comme convenu, Dans La Maison fait parti de ce genre de film. 
Fabrice Lucchini y joue Germain, un professeur de français frustré et désabusé qui décide d’aider et accompagner Claude, un jeune garçon en qui il voit l'écrivain qu'il ne peut être, dans ses écrits personnels. Sauf qu’aucun des deux ne parlent de la même chose. 
Le premier voit en le second un jeune révolutionnaire intellectuel qui écrit plutôt que de bruler des voitures. Le second cherche surtout à s’infiltrer dans la famille d’un de ses camarades de classe, dans l’espoir - au début inavoué - de conquérir la mère de famille jouée par la ravissante Emmanuelle Seigner. Rappelons-nous sa merveilleuse prestation dans La Neuvième Porte, dont la scène finale a du fortement exciter son mari Romain Polanski, réalisateur du film. 


Les thèmes chers au réalisateur sont donc toujours présents et le film apparait comme une continuité à ce qu’il a fait jusqu’ici. On y trouve un semblant de Théorème de Pasolini par le personnage de Claude et son infiltration au sein de la famille (le baiser du fils, ainsi que celui de la mère). De plus, le film ne tombe jamais dans un cliché qu’il serait incapable de quitter.
En effet, si une scène semble mal jouée, si la chambre du camarade de Claude ressemble à celle d’un adolescent frustré typique dans une série B américaine (façon American Pie), si la maison même de la famille rappelle ce qu’on peut voir dans une résidence américaine et si Germain va au cinéma voir Match Point de Woody Allen avec sa femme - interprétée par Kristin Scott Thomas, il est difficile de croire que cela soit involontaire. Mais malgré tout, le film se prend les pieds dans le tapis. 
Bien qu'il ne possède pas de détails vraiment défectueux, nous dirons que malgré un concept très intéressant et bien mis en oeuvre dans sa réalisation, son scénario et l'interprétation de ces acteurs : le film d’Ozon ne prend tout simplement pas. 


Toute l’inquiétante étrangeté, l’ambiguité et la subtilité qui résident dans le traitement de cette histoire ne parvient pas à nous happer. Nous pouvons pourtant, tout comme les deux héros masculins, effleurer aisément du bout des doigts la puissance et l’intensité de tout ce qui se trame dans le long métrage. Nous ne pouvons également ignorer qu’Ozon mène sa barque avec expérience et habileté, dans un film qui tourne rond et qui se tient tout seul. 
Mais mener un jusqu’au bout un concept qui a pour thématique de ne pas pouvoir aller jusqu’au bout, c’est là que se situe le grand défaut de Dans la Maison
A force de passer son temps à nous faire visualiser des scènes lues par les protagonistes, nous gardons cette distance avec le long métrage qui nous empêche de vibrer à son récit. Et même si  François Ozon ne cesse de détruire les propos d’écrivain du personnage de Germain par le non respect de ses conseils dans son script, cette façon d’écrire son scénario finit par ennuyer et tourner en rond. De même que les variations qu’il propose progressivement dans ces scènes sont trop discrètes et trop peu nombreuses pour nous surprendre. 
Il est facile pour nous spectateur de comprendre ce qu’Ozon nous montre, suffisamment pour qu’on ait la sensation de trop en voir pour vraiment l’apprécier. 


En dépit d’un trip hitchcockien au traitement influencé par Woody Allen - notamment au niveau des dialogues, le film de François Ozon est une proposition alléchante et ambitieuse mais malheureusement vaine. Le film Dans la maison, étrangement, ne fait que rester sur le palier. On peut commencer à sentir l’odeur, toucher la devanture, jeter un coup d’oeil à l’intérieur et faire donc preuve d’une véritable envie de voyeurisme. Comme Claude. 
Face à la cohérence de ce travail, il est évident de conclure que le film existe dans cette optique. Ce qui est somme toute dommage : un film ambitieux n’est pas forcément un grand film. 
Et celui-ci est pas mal, mais décevant et très frustrant. Tant pis.

mercredi 7 août 2013

Critique - Pacific Rim : Le McSushi sauce Del Toro, une recette unique.

               
             
                Pacific Rim, le dernier bébé transgénique de Guillermo Del Toro, était attendu. Très attendu. Comme tous ses films en fait. A chaque fois, il nous manque. Il prend son temps, produit tour à tour navets et oeuvres sympathiques. Mais cette année le réalisateur mexicain revient aux commandes. Les vraies. Cette année, Del Toro se transforme en chef cuisto en préparant une recette unique et populaire de qualité. Une bonne dose de scènes spectaculaires à la qualité graphique remarquable.
Un combat mythique entre des robots et monstres géants, prenant la ville et l’océan comme terrains de jeux. Une fusion iconique de 2 pays par le biais de leur différents blockbusters.
W O W, quoi. Juste W O W. Et encore W O W. 
Nous n’en finissons plus. C’est interminable. Mais c’est complètement W O W, que voulez-vous. 


Il est aisé de supposer que le créateur du Labyrinthe de Pan a du jouer gros. En effet, proposer un pied de nez à Transformers et un retour aux films de monstres à travers un affrontement mythique de 2h30 au budget mirobolant, c’est un challenge. Un vrai. Mais Del Toro aime les défis, et a mené celui-ci avec talent et expérience. Il profite d’un blockbuster très moderne pour fusionner le charme et l’efficacité d’un récit héroïque à l’américaine avec l'impressionnante pureté qui règne souvent dans les animés japonais. Qui plus est, Del Toro insère un héroisme américain dans un film marqué par un traumatisme japonais. Il se sert de l'origine du film de monstre, pour le confronter à l'origine du blockbuster américain. 
Pacific Rim est un film qui ne perd pas de temps et se passe incroyablement vite. Quand le réalisateur mexicain avoue en interview qu’il aurait aimé réduire davantage la durée du film, on en rit tant cela parait inconcevable. De fait, le film assure sa part du gâteau dans un rythme soutenu et une structure solide et classique qui conforte le spectateur comme il se doit. 


Il serait inutile de critiquer la performance des acteurs tant celle-ci s’accorde avec la pauvreté désirée de leur rôle. Chacun reflète une fonction, une icône stéréotypée qui avait manqué aux blockbusters de ces dernières années. Ils font tous part de beaucoup d’humanité, de naïveté, de très peu de prétention, ne prenant jamais part une quelconque romance exacerbée. On y retrouve donc les trois célèbres règles qui définissent la plupart des héros des manga japonais : «No sex, no money, no drugs».  Ceci, plus une histoire prévisible au millimètre, rappelle qu’il s’agit bel et bien d’un pure film de consommation visuelle. Les combats sont stupéfiants, dantesque, titanesques et merveilleusement colorés. Chacun faisant référence à des classiques du genre (films de kaiju comme Godzilla). L’explosion tend parfois vers quelque chose de plastique, ce qui  n’est pas pour déplaire à un spectateur habitué aux blockbuster sans jets de couleurs.
On regrettera que Del Toro n’exploite pas davantage le monde qu’il met en oeuvre, car le spectateur y effleure un potentiel qui aurait donné davantage de personnalité à son film. 


Quentin Tarantino ne cesserait jamais de nous répéter qu’il ne s’agit pas de cinéma, comme il l’avait dit pour Matrix. Mais le cinéma n’existe pas que de cette façon, comme la littérature ne se résout pas à la richesse textuelle, syntaxique et grammaticale de Belle du Seigneur d’Albert Cohen. Comme le cinéma, la littérature est également un portail vers quelque chose d’autre. L’ouverture d’un autre monde. Certes, Pacific Rim n’est pas une oeuvre intéressante dans ce que propose son contenu formellement cinématographique. En effet, la magie de ce genre de film opère juste sur la mise en image d’un trip ou d’un pseudo fantasme irréaliste. Mais avec goût. Ce sont des films pour ceux qui jubilent à l’idée de voir leur rêve d’enfant à l’écran en criant «WOW».
Del Toro l’a fait. Son mélange est stupéfiant, éclatant et profondément irréaliste.
Et oui. Le McSushi ? C'est bon. Alors "mangeans-on".


mercredi 23 janvier 2013

Critique - The Master : Du Père au Fils, du Fils au Père.




                  Depuis Boogie Nights, son premier film à la sortie internationale, le nom de Paul Thomas Anderson (dit PTA) est important. Très important. Chacunes de ses oeuvres fut promue au rang d’excellence - par les chanceux et miraculés qui ont la chance de se pavaner dans les festivals importants du 7eme Art - avant que le monde puisse juger par soi-même. Et par quatre fois, ils ne s’y sont pas trompés. La dernière en date étant donc la première grande sortie en salle de 2013 : The Master avec en tête d’affiche l’habitué Philip Seymour Hoffman, Amy Adams et surtout le retour à l’écran du fidèle de James Gray : Joaquin Phoenix.



Il faut dire que celui-ci se la joue vraiment Phoenix pour le coup¹. En jouant l’un des ex-soldats les plus bourrus et pertubés de l’après WWII, enrôlé par un gros blond moustachu dans un mouvement spirituel naissant du nom de «La Cause» (bizarrement proche de la Scientologie de L. Ron Hubbard), l’acteur touche. Il nous humilie dans notre capacité à compatir, à essayer de comprendre et de partager le sentiment des autres tant il est un artiste, un maître en la matière. 
Faisant au début parti du corps des Marines, le personnage qu’interprète Joaquin se rapproche d’une version déclinée et réaliste de Popeye. Freddie Quell est un marin bagarreur au visage abimé qui s’insurge son mélange alcoolisé comme une potion de force et de courage pour s’en aller affronter celui qui s’oppose à lui, ici le monde extérieur. Il nous apparaît ici comme un homme malade à la silhouette anorexique et à la démarche décadente. Cette paralysie surement volontaire de la partie droite de sa machoire lui laisse un éternel rictus au bord de la bouche, matéralisation d’une grande ironie qui recouvre l’ensemble du film et du personnage. Car au final, le moins intelligent et le moins adapté est celui qui s’en sort le mieux dans la société de bovins grandissante de l’époque que le film de PTA nous présente.



The Master, c’est surtout l’histoire d’une relation quasi filiale entre le grand gouru manipulateur d’un mouvement spirituel à la sincérité très ambigüe et son disciple préféré dont la fidélité n’a d’égale que sa perdition. Une relation dont les statuts changeront pour mettre en lumière un thème évident de philosophie : le rejet de la liberté. L’homme aime plus que toute autre chose obéir à un maitre et s’en remettre à lui, quitte à le dépasser indirectement et à se servir de cette période de sa vie pour foncer dans la direction opposée. De fait les nombreux éléments du film aux relans psychanalytiques enrichissent le champ des interprétations possibles, et à raison. Le personnage de Philip Seymour Hoffman joue le rôle d’un nouveau père répondant aux trois fonctions du père que Lacan nous a légué : il pose les contraintes et la loi, il devient un modèle à suivre, et il se présente tel un père réel existant. En soit, il joue celui sur qui on peut léguer l’ensemble de nos responsabilités, ce qui est indubitablement terriblement séduisant.



Ce rapport à la séduction est d’ailleurs quelque chose qui transparait malgré l’ambiance claustrophobique qui règne autour du héros. Le film possède un grain d’image particulier, aux couleurs chaudes et explosives auxquelles l'ambiance musicale de Jonny Greenwood s'adapte à merveille.
L’opposition entre la grisaille qui s’impose dans son Massachussets natal et l’explositivé plastique de ses scènes d’apprentissage rend les passages où Freddie se fait valet de la guerre ou de La Cause et de son maître bien plus attractifs et éclaboussants de propreté. Le héros vagabonde et suit le guide là où les couleurs abondent. Dans la diégèse, La Cause propose aux hommes un monde de friandises où tout se prend, se crée, se traverse. A l’image, La Cause représente une véritable palette de couleurs : le monde y est plus beau. A travers de nombreuses perspectives de profondeurs, de prises à distance avec son héros, PTA isole au départ son personnage principal pour le voir au fur et à mesure s’élever et s’intégrer aux autres sans collision, maintenir une place qui lui est sienne en face du maître. 



The Master est probablement le film de PTA le plus subtil et à la fois le plus tape à l’oeil. Il fait logiquement suite aux précédents films du réalisateurs, intégrant de nouveau un rapport au père et à la solitude du héros.
Là où le héros de There Will Be Blood créait une famille en tant que père pour réussir dans son entreprise personnelle au début du film, The Master met pour la première fois son héros en nouvelle position de père et de dominant à la toute fin de son film, lui conférant une conclusion positive qui rappelle celle de Punch-Drunk Love. Sauf qu’ici réside l’ambiguité de savoir qui est le véritable maître / père au final. Les deux protagonistes principaux s’étant servis l’un de l’autre pour apprendre, grandir et occuper la position de leader dans leur vie.
A la fin du film, le «Maitre» dit à son ancien disciple de l’appeler si jamais il s’avère qu’il peut vivre sans maître autre que lui-même. La conclusion laisse à penser qu’il pourrait bien le faire.



lundi 7 janvier 2013

Critique - J'ai rencontré le diable, et le génie aussi.


           
        
Depuis quelques mois je voue un certain engouement à la nouvelle vague de cinéma sud-coréen: Kim Jee-Woon, Boon Joon-Ho, Park Chan-Wook, Na Hong-Jin etc. Des cinéastes talentueux au style propre à chacun. Mais de tout cet ensemble il en ressort une homogénéité puissante et irresistible tiraillée entre les influences d’un cinéma occidental, les rouages d’une société marquée par une soumission de longue durée à un pays extérieur ainsi qu’une poésie bien trop rare dans nos salles aujourd’hui. 
Le dernier film «Made in South Korea» de Kim Jee-Woon rend grâce à cette mouvance et confirme une énième fois la maîtrise d’un des piliers du cinéma asiatique actuelle.
Cette fois ci Maitre Kim nous propose un film sur la vengeance.  



Les films sur la vengeance suscitent régulièrement une forme de «ras-le-bol» général de part leur prévisibilité affolante et leur côté téléfilm raté sortant d’Europa Corp.
J’ai Rencontré le Diable  propose un schéma différent, intelligent sans avoir peur d’aller jusqu’au bout. Là ou les films de vengeance se terminent habituellement, le film de Kim Jee-Woon commence véritablement pour établir une véritable chasse à la souffrance d’un homme. 
Le réalisateur s’interesse ici de la même façon au héros et la cible de sa nemesis. L’issue s’annonçant très vite comme inévitable, il choisit de traiter le processus : un jeu malsain et violent entre un tueur pervers et un héros déterminé mais bel et bien perdu pour toujours.
Cette dualité évolue très vite en quelque chose de plus large : l’ascension du personnage principal dans un milieu d’accomplissement du fantasme où les règles et les contraintes sont tout autant perdues que les individus qui y accèdent. Le bien et le mal ne se cotoient jamais, laissant place à un nihilisme moral choquant mais essentiel à l’effet trauma du film. 


De ce fait, J’ai rencontré le diable n’est pas un titre au sens unique et à l’écho inexistant. Bien au contraire, il se multiplie partout, se réflète dans les yeux de chacuns des personnages principaux. Choi Min-Sik et Lee Byung-Hun interprétant tour à tour le rôle d’un démon pathétique et terriblement humain, une surenchère de deux clichés en pleine opposition dans un duel sanglant mais toutefois subtile.
Le regard noir et parfois amusé du réalisateur sur les évènements dont le film nous fait part nous donne une dimension moins manichéenne, plus humaine et réaliste. 
Sans jamais en arriver à quelque chose d’horriblement flagrant, le réalisateur distille des scènes guignolesques et décalées avec l’un, entrecoupées de séquences intensément tragiques et désespérées avec l’autre.
C’est une diversité émotionnelle qu’on retrouve également chez Boon Joon-Ho dans Memories of Murder ou The Host


Conduit par deux performances incroyablement justes et complémentaires, l’oeuvre du réalisateur d’A Bittersweet Life  est une perle noire et abîmée à la brillance éternelle. 
Elle fascine, intrigue et impose un trauma à son spectateur, qui s'en souviendra tres longtemps.
Si on considère qu’Old Boy de Park Chan-Wook avait déjà creusé une tombe pour la vengeance au cinéma, nous pouvons dire sans mal que J’ai rencontré le diable de Kim Jee-Woon l’a enterré bien proprement. 

vendredi 4 janvier 2013

Critique Spéciale - Prometheus : Nouveau vin de garde de la Science-Fiction au cinéma.



Alien : Princess Sci-fi

En 1979, Ridley Scott montra au monde toute la grandeur de son savoir faire. A travers Alien, une oeuvre colossale et tout simplement culte, le réalisateur avait pris le parti de donner à la Science-fiction un nouveau langage. En puisant dans une sorte d'inspiration Lovecraftienne, son film proposait un film d'épouvante - et non un film d'horreur pur - aux teintes psychologiques et amplement perverses. 
L'intrigue et le mystère que suscitaient cette créature et sa naissance ont largement contribué à ce que le monstre hante les couloirs du Nostromo, vaisseaux des protagonistes, ainsi que notre esprit, régulièrement sensible à ce qu'il est incapable de comprendre. Le film est également pourvu de nombreuses qualités esthétiques et visuelles ainsi que de performances d'acteurs de haut rang (Sigourney Weaver, John Hurt, Harry Dean Stanton et Ian Holm sont loin d'être des inconnus du cinéma américain aujourd'hui).


Prometheus et la promotion : gloire aux préjugés

D'où les nombreuses craintes et questions qui ont accompagné la sortie de Prometheus, dernier film de "Rid". Après un Robin des bois qui avait laissé de nombreux spectateurs sur leur faim, Ridley avait en effet décidé de miser encore plus gros et de signer une "semi préquelle" à son chef d'oeuvre Alien. Le film a alors bénéficié d'une promotion aussi grande que fut la réussite du film qui avait marqué la fin des 70's. 
Mais il y a un pépin : la promotion - par définition - laisse tellement peu à voir et tellement souvent qu'elle suscite chez celui qui la subit quelque chose de frustrant, le laissant se faire des idées toutes faites avec 2 petites minutes de film.
Et c'est à travers ce problème que je propose de remettre Prometheus à la place qu'il mérite, en dépit de tous ceux qui s'attendaient à voir l'Ancien Testament en 3D, le 30 mai 2012.


Une semi préquelle, mais surtout le début d'un grand tout.

Tout d'abord, pourquoi est-ce une semi préquelle ? Et bien parce que Ridley n'a jamais voulu faire une préquelle total. Ce film n'en est pas une. C'est une oeuvre à part entière qui se situe dans le même monde qu'Alien, et dont la fin relie les deux films. 
Beaucoup de gens se demandent alors : Mais pourquoi ? La réponse n'existe pas vraiment. C'est avant tout un choix de Rid, et en tant que papa il a le droit d'exercer son autorité comme il lui semble. Il serait donc dommage d'arriver devant le film avec des préjugés intolérables qui restreindront le champ des acceptables propres à chaque spectateur. Cela reste avant tout une oeuvre décrite comme une histoire indépendante, dont les conséquences et les dommages collatéraux amènent entre autres à la naissance de "l'Alien". Celui-ci n'est qu'une particule, un microbe, dans l'univers que Ridley Scott établit avec Prometheus. Un univers qu'il compte d'ailleurs approfondir et exploiter davantage à travers la ou les suites du film. Ridley l'a dit, Prometheus est fait pour avoir une suite. De plus, sa fin ouverte en témoigne. Ce film n'est que le début de l'odyssée spatiale que Ridley a pour ambition de créer.


"A fond la forme !"

Visuellement, c'est un film auquel l'ensemble des spectateurs et de la presse a adhéré. Et il est vrai que le décor et l'ambiance mis en place par Ridley Scott se démarquent de par leurs nuances de noir / gris / bleu, ainsi que par sa capacité à créer un monde fascinant et différent du notre à partir de ce qui existe déjà sur Terre (le film a en grande partie été tourné en Islande). D'où la sensation de photoréalisme qui ressort des paysages tout au long du film. 
L'image d'Alien nous plongeait dans les contrastes, les ombres et les ténèbres de la peur. Ici, l'image de Prometheus nous présente juste un univers froid, mystérieux, qui nous envahit et nous surplombe. Alien dérangeait notre intimité, Prometheus quant à lui remet le genre de la science-fiction, sa grandeur, son infini mystère et sa question théologique au devant de la scène.


Un scénario puissant et complexe, auquel le temps rendra grâce. 

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle le scénario écrit par Damon Lindelof (Lost) et John Spaihts a déplu foule de spectateurs. 
Les critiques négatives furent à peu près "aussi nombreuses que le nombre de baguettes vendues dans une seule et unique boulangerie sur toute une année - à trois miches près, bien entendu".  
Il y a ceux qui considèrent qu'il s'agit d'un bide intégral car ils espéraient connaître toutes les réponses à leur question, et qui s'en tirent avec de nouvelles questions encore plus alambiquées. Mais n'est-ce pas le propre de la science-fiction de ne pouvoir tout nous expliquer ? 
De même, étant un film mêlant peur, suspens... le trauma ne vient-il pas de l'inexplicable, de ce qu'on ne peut rattacher à un signifiant ? 

Des films comme 2001 : Odysée de l'Espace de Kubrick - adapté de l'oeuvre écrite de Arthur C. Clarke, ou Blade Runner de "Rid"- adapté de "Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?" sont devenus cultes de par leur capacité à ne dévoiler que trop peu de la vérité. Par exemple, le film de Kubrick / le livre de Clarke mettait en avant cet objectif d'expliquer le sens de la vie par l'inexplicable. Il ne devait pas y avoir de compréhension, juste une interprétation de symboles et d'éléments juxtaposés les uns aux autres avec intelligence. Ce sont des films auxquels le temps a rendu justice, en particulier pour Blade Runner et son Director's cut bien trop tardif. Et il est fort probable qu'il en soit de même pour Prometheus.



Un véritable vin de garde.

Les clichés portent souvent à faux, et pourtant on ne les oublie pas. L'ignorant en vin s'imagine par exemple qu'un vieux vin, ou un vin cher et récompensé représentent les meilleurs choix dans l'accompagnement gastronomique. Mais un vin n'a pas besoin d'être vieux pour être bon, ni d'être récompensé, et encore moins d'être cher sauf pour l'individu qui n'est pas pres à se lester de principes arrêtés et sommaires.
Prometheus est comme un vin récent aux qualités et au nom trop peu reconnus : une oeuvre que l'on rejette de par les tristes préjugés qui habitent l'individu lambda.
Il n'est pas immédiat, il se savoure progressivement l'esprit grand ouvert. Il fait parti de ces films que le temps chérit et garde au chaud la durée qu'il faut pour qu'on l'accepte davantage.
Quand le public aura élargi son champ des possibles, il trouvera le film de Ridley Scott meilleur. Vraiment meilleur.

Enfin, si je ne me trompe pas.



Critique - Dawn of the Dead, un dépucelage mortel



         Pour une fois, la traduction française se rend utile. Elle permet de confirmer les directions opposées choisies par Romero et Snyder au sein de deux films du même nom. En 1978, Romero sort "Dawn of the Dead", connu sous le nom de "Zombie" en France. En 2004, Snyder sort "Dawn of the Dead", connu sous le nom de "L'Armée des Morts" en France. Si l'un est l'oeuvre de confirmation d'une véritable création de genre, entrecoupée d'un discours dénonciateur et engagé ; l'autre est une oeuvre de commande où la réalisation moderne, l'efficacité rythmique, la tension - et parfois l'humour - sont mis à l'honneur. 
Snyder se démarque de Romero par sa "modernité", mais également des réalisateurs de son époque à travers une maitrise de l'action, de la narration et de l'image qui lui est propre. Le réalisateur propose une image aux couleurs chaudes et lourdes, qui semblent salir les différents lieux et visages qui ponctuent ce film. 
La commande rendue à l'époque par celui qui est aujourd'hui un pilier d'Hollywood met aussi en avant des protagonistes attachant sans toutefois tomber dans l'excès et le cliché des grosses productions du début des années 2000. On n'est jamais lassé par les personnages grâce à l'équilibre que Snyder a instauré entre chacun d'eux. 
Stéréotypés peut-être ils sont, mais jamais excessifs ils ne sont.


Les scènes de gore au départ obligatoires deviennent jubilatoires, et chaque moment de suspens et d'angoisse n'est jamais du au hasard : les zombies sont toujours présents, et contrairement au film de Romero : ils courent. Cette nouvelle aptitude vue pour la première fois dans "28 Jours Plus Tard" de Danny Boyle montrent bien que les rôdeurs traditionnels ont laissé au fur et à mesure place à des infectés sous adrénaline. Une évolution certe polémique mais qui n'en est pas moins cohérente et évidente.
Le réalisateur scénariste de "Sucker Punch" a compris qu'après un âge d'or horrifique qui aura perduré plus de vingt ans, tourner le remake d'un chef d'oeuvre du genre lui imposait de dévoiler les plus grands atouts de son jeu immédiatement.
Exercice qu'il a réussi haut la main aux yeux de la presse et des spectateurs. Et même si "L'Armée des morts" de Snyder ne constitue en rien un chef d'oeuvre, il n'en reste pas moins l'un des meilleurs remakes de films d'horreurs réalisés jusqu'ici. 
Si ce n'est le meilleur avec le célèbre "La Colline a des Yeux" d'Alexandre Aja, suivi de près par le "Massacre à la Tronçonneuse"  de Marcus Nispel (en attendant celui d'Evil Dead au printemps 2013).
Accessible, efficace, avec une belle signature visuelle, Snyder a rendu une très bonne copie pour son premier et sanglant devoir cinématographique. 

Critique - Dark Shadows, un gage de fidélité.



           Alors que la plupart d'entre nous rêvaient (et rêvent toujours) de retrouver un scénario signé "Tim Burton" dans son cinéma habituel, Dark Shadows confirme l'habilité du réalisateur dans l'adaptation cinématographique d'oeuvres qui ne sont pas de propre cru.
Si le travail de fond de sa version du chef-d'oeuvre de Lewis Caroll avait laissé un certain goût d'inachevé, Burton a ici le mérite de proposer un divertissement qui contient les nombreuses caractéristiques qui avaient donné à la série Dark Shadows ses lettres de noblesse. 
L'aspect visuel et l'esthétique au contraste prononcé entre le Manoir Collins et la ville côtière tient ses promesses, et on ne peut que saluer une fois de plus la maîtrise incontestable du grand Tim dans le domaine de l'image. Une maîtrise dont il fait preuve depuis ses débuts et qui ne lui a jamais fait défaut. 
La bande originale contribue quant à elle indubitablement aux ambiances contrastées du film, sans pour autant se démarquer de manière conséquente. Elle remplit néanmoins ses objectifs, confortant par  ailleurs l'osmose du duo Elfman / Burton.
Le casting est de qualité, sans fausse note mais tient essentiellement sur les épaules de Mr Depp, qui devient tout aussi important que son réalisateur dans les différents films qui les réunit. Eva Green est néanmoins à son aise, et sa maitrise de la langue donne à son personnage le piquant nécessaire pour offrir un "adversaire" de taille.
Le finale, empreint d'un délire mineur rappelant les vieux films du cinéaste, permet de conclure l'histoire de la bonne façon. De même que le dénouement cliché façon Twilight confirme l'ironie du film sur le mélodramatique, ainsi qu'un grand amour pour la série B. 

Si Burton ne signe pas son plus grand film avec cette adaptation il livre toutefois un divertissement aux grandes qualités visuelles, une déclaration d'amour à la série B. 
Dark Shadows est également un film de fidélité : de par son respect de la série originale, mais aussi de par ceux qui l'accompagnent.
On ne change pas une équipe qui gagne, et Mr Burton l'a bien compris.